LES MIGRANTS...


Les rues de nos ville regorgent d'eux, en groupuscules souvent, multitude informe de notre monde, ces gens venus d'ailleurs dont nous cherchons à éviter les regards.

Des femmes bien souvent, celles de toutes les batailles, leurs petits accrochés à leurs corps quelques filles mères aussi qui désespèrent le ciel et la terre à force de refuser leur sort.

J'ignore tout d'eux mais ils gênent nos regards, bousculent notre confort, tout en semblant plus fiers encore, en s'avançant vers nous.

Nos voitures cherchent à les éviter, se pressent au feu vert mais jusqu'au prochain feu rouge seulement.

Une autre misère, un autre continent, une autre humanité, celle des extrêmes longtemps tenues à distance.

J'ignore qui elles sont, lorsqu'elles avancent ainsi mais loin de celles qui mendient d'habitude qui baissent le regard, là ce sont les nôtres qui fuient.

Elles ne courbent pas l'échine comme habituées au combat de la vie, devenue une question de survie. 

Elles portent une certaine noblesse dans leurs yeux et ce sont elles qui nous jugent comme de ne pas ignorer que notre tour viendra, que le monde n'est qu'un même s'il n'est pas solidaire.



Les enfants semblent habitués, ils ont même leurs jouets sur le trottoir, comme si de rien, une normalité à laquelle les automobilistes s'accoutument comme à une autre gêne, une autre nuisance.

La ville nous insupporte de plus en plus, nous aimerions n'avoir plus à sortir de chez nous, ne plus voir, ne plus entendre, ne rien en savoir. 

Des affichettes en carton ou est annoté "Syrie" dont nous avons entendu parler, en guerre depuis trop longtemps, que ce siècle a arraché à son prestige, à son histoire.

La Syrie une civilisation contenue dans nos musée, un prestige éculé, une nitescence noyée sous les bombes. 

Je fuis, je ne veux pas savoir, je suis pressé d'être loin de la pensée d'eux, je me hâte déshumanisé vers cette maison qui m'isole encore. 

Mon épouse me demandera si ça va, je répondrai
Oui sans parvenir à chasser de mon esprit ces femmes venues d'ailleurs et l'hiver qui se hâte...

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