LES CHEMINS DE L’OMBRE ...
Le passé déploie souvent sur nous sa corolle fragile, en ces chemins de poussière ou les souvenirs s’effeuillent en ombres étranges pour nous faire débusquer l’indicible. Flottant dans l’aigre vent nos pensées s’inventent des mondes oniriques, se font rêveusement tendres avec des bouts de bois, des fleurs tombées, et des cailloux. Tel un oiseau charmé par le premier soleil je souriais toujours à l’aurore ingénue, aux reflets du matin pour n’être qu’un rêveur indolent allant vers la lueur blême du crépuscule. Le cœur dans la main je n’avais que le rêve pour fuir, effilocher le temps, caracoler dans les cieux, n’être plus un enfant vieilli dans sa prison. Je goûtais à l’amour des dangers inconnus, curieux des attraits mystérieux de la tendresse humaine, cherchant les sentiments empourprés, afin de n’être plus qu'un promeneur assidu au rêve heureux. Mais dans ces chemins de l’ombre je me retrouvais souvent comme un oise...