UNE PARANOÏA RACISTE A L'OEUVRE...
Avec le paradoxe formidable de la fiction, Camus racontait avec "la peste" une histoire singulière qui touchait tout le monde. L'épidémie du Coronavirus comporte déjà de par sa nomination quelque chose de sérieux et de préoccupant, le mot virus ayant à lui seul une forte connotation anxiogène, en plus d'agir comme un révélateur de notre nature profonde. Des peurs irrationnelles nous poussent à désigner des coupables, comme jadis les Juifs étaient accusés d'empoisonner les rivières, ou que l'on désignait à la vindicte populaire le lépreux, le gitan, le vagabond ou la prostituée. Le primat de l'actualité sur les questions de long terme, ces millions de migrants qui se pressent à nos frontières, la beauté mélancolique des avenues vides de Hong-Kong empêchent l'humain d'agir avec à propos, le monde est et parait fou. La fragilité intrinsèque de notre raisonnement, nous incitent à des comportements qui nous nuisent, des automatismes de pensée...