Les petites gens comme nous sont là pour souffrir de tout, du passé et même du present dont ils sont indignés, leurs vies n'étant que des vides qui se font si éloquents qu'on se demande comment ils font pour malgré tout garder un optimisme résigné devant les outrances qui les réduisent à néant. Crispés entre l'espérance et le désespoir, et un idéal d'absurdités qui titube sans sombrer jamais pour les libérer des rêves sans fin qui sans cesse reviennent les hanter, alors que demain n'a plus aucun sens dans un monde ou tout s'est rétréci les laissant bien seuls en ce silence ou ils se sont perdus. La tristesse alentour est saisissante jusqu'à ne plus pouvoir distinguer ce qui est fou et ce qui ne l'est pas, vaincus que nous sommes par la lâcheté et l'hypocrisie nous ressemblons tous à des assassinés en sursis, dans ce lointain dramatique qui semble à présent fixer les limites de notre humanité. Ce que nous cherchons à ne pas voir est en plein deva...
UN ENTERREMENT Un chemin escarpé niché entre des entrelacs de broussailles difficilement accessible à pied et surtout pour des gens de la ville, pierreux et qui faisait des sinuosités que les lézards aiment emprunter, nous a conduit vers ce cimetière que rien ne laisse deviner, caché entre deux creux de montagne comme loin des regards du quotidien. La tombe était déjà creusée, telle a l’habitude profonde et assez large tel pour ne pas mettre à l’étroit un corps que la vie avait déjà malmené, la maladie abimé, dont la souffrance avait à force accentué le désir de délivrance, un corps encore jeune, celui d’une jeune femme de quarante cinq ans m’a t-on dit ! Le cops a été porté par une poignée d’hommes, juste posé sur une sorte planche recouverte de draps fins, personne ne manifestait de fatigue et ce malgré la distance parcourue tel s’il fallait faire montre de respect, honorer celle qui quittait définitivement ce monde qui lui devenait trop d...
J’ai eu à tenir entre mes mains une poire Saint Jean que ma grand mère a planté, sans savoir qu’un demi siècle plus tard elle m’inspirerait ces mots venus de fin fond de mon coeur, des tréfonds de mon âme que ne nourrit aucun souvenir, elle a dû me tenir dans ses bras à une époque où je n’avais pas conscience des sentiments à mon endroit. J’ai bien souvent regardé la photo d’elle accrochée au 136, et je me rappelle de ce jour d’octobre 1967!ou les larmes de mon père à la nouvelle de son décès m’ont à peine touché mais je n’avais alors que le cœur d’un enfant de 13 ans, Quelque chose a changé en moi sans que je ne sache trop quoi, mes pensées m’entraînent vers certaines beautés d’un passé qui s’est arrêté devant moi pour que je m’en éclaire d’une toute autre façon, comme si c’était elle qui tirait les ficelles et que je devenais une marionnette. Je crois aux signes du destin quitte à ce qu’il faille un long cheminement avant que de réaliser que ce qui se dessine ne re...
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