JE SUIS RETOURNE A L'ENFANCE ....




Je me suis posé doucement ce matin, sans les larmes de la veille qui m'ont mis le cœur à l’envers de m'avoir accompagnées la nuit durant.

Je suis retourné à l'enfance, celle des souvenirs ou j'ai si peu eu l'occasion de sourire et j'ai revu ce môme qu'habillait seulement son regard empreint de toutes les solitudes du monde et j'ai pleuré.

J'ai pleuré comme on pleure sur quelqu'un d'autre que soi, sur ces désarrois que suscitent une vie ou même la tendresse n'est qu'une subite absence, un aven délictueux pour un enfant en quête d'un moindre regard réconfortant pour loger son chagrin.

Mon père me manquait sans que je ne l'ai jamais vu, mon âme le réclamait si fortement, l'imaginant comme dans les rêves de tous les enfants du monde, fort et protecteur.

Je ressentais son abandon, les frustrations et les bruyantes colères de ma mère qui enchâssaient mon univers dans un sentiment de culpabilité, comme si j’étais de trop et que c'était moi qui avait fait partir le visage paternel.

J'ai si souvent vu ma mère pleurer les yeux tournés vers l'horizon sans promesses, écouté ses soupirs prolonger les couchants solitaires que j'ai en moi une ineffable tristesse qui lamais ne me quittera, une larme accrochée au bord d'un œil trop orgueilleux qui ne sait plus pleurer.

J'ai l'humeur vagabonde des déshérités d'un destin impétueux, la colère grondant, qui vient de si loin qu'elle s'est transformée en fleuve bouillonnant dans un corps d'enfant qui plus encore me révolte.

Parfois j'ai envie de tout casser, d'aller dans le sens d'une vie si violente avant que de croiser la douceur de quelque regard, de mots joliment dits ou d'un écrit qui dispersent mes viles pensées...

J'abandonne ce clair obscur, ces reflets de miroir brisé, ce vacarme que moi seul entend, referme ce cercueil a ciel ouvert car autour de moi l'amour des miens me tend la main de me trouver si paisible.

J'ai le cœur enclin à vivre, à nourrir les sourires, à s'offrir parfois avec démesure tellement ce que je recherche disparaîtra à tout jamais avec elle, j'ai vécu une vie vengeresse, gagné la bataille de la vie pour faire mentir mon père.

Il ne me reste de cette histoire que l'enfant au bord de sa vie qui ne trouve pas le chemin du bonheur, celui que permet la tendresse d'une mère enfermée à présent dans une autre solitude...

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

LE 22 SEPTEMBRE 2025

BLANCHE

HOMMAGE A CES FEMMES...