LES. MOTS QUE JE TE GARDAIS ...
J’ignore pourquoi je t’aime, de quelle façon tu as pénétré mon âme tout ce que je sais c'est qu’il ne faut pas systématiquement chercher une réponse à tout, les choses sont ainsi faites que de plus ou moins belle manière nous serons toujours surpris.
Tu n’es pas la plus belle même si tu l’es à mes yeux, je sais t’aimer à la façon d’autrefois comme lorsqu’une femme revêtait une telle importance que l’on pouvait mourir ou s’effacer selon son vouloir.
Lorsque tu m’as demandé de n’être plus, de n’exister plus à tes côtés pour te voir t’afficher avec d’autres j’ai ressenti une envie de pleurer, tu étais dans le déni de moi, tu me cachais comme si tu voulais me punir de trois mots malencontreux.
Je respecte juste ton désir, ton mal être, l’inconfort d’une situation que j’ai provoqué par trop d’empressement.
Parce que je t’ai faite mienne dans le clair obscur d’un impétueux désir je m’en suis allé vers des murmures de chagrin sans rien dire, soupirant à l’idée d’un oubli qui je savais ne viendrait pas.
Mon cœur s’enfonçait dans un linceul dérisoire où les mots que je te gardais me recouvraient, j’entendais le son silencieux d’une mélopée atemporelle qui en émanait.
j’avais à nouveau la vie en sommeil, les sens chavirés, les pensées affligées de comme quand j’étais enfant et que j’ignorais ce que j’avais fait de mal.
Je ressentais à chaque heure les serres de l’enfance lorsque je devinais qu’il fallait ne pas bouger, juste me faire oublier et si cela était possible disparaître.
Mon cœur cadenassé je le sentais jusque dans mes rêves agités, autant que les spasmes caressants du démon oppressant qu’est l’amour.
Je me suis plongé dans un abandon passionnel ou nous n’étions que tous les deux, comme les mômes qui s’inventent des compagnons de jeu pour échapper à la réalité.
Les soupirs du couchant enveloppaient les larmes étouffées qui revenaient dés les murmures de l’aurore, mais un homme ça ne doit pas pleurer.
Toute la journée je dessinais de nouveaux contours à ma vie pour ne pas crier, pour avoir la force de m’éloigner sans un regard comme je l’ai toujours fait.
Je me noyais dans de vieilles relations fort surprises d’entendre les éternelles senteurs de l'amour, un gamin aux yeux doux et durs à la fois leur dire de nouveau à demain.
Les méandres du passé me faisaient moins peur que de devoir vivre sans toi, je redevenais le papillon qui s’empresse vers les flammes par ébriété pour éteindre sa vie.
Je faisais mille projets sans croire à un seul pour la journée à venir mais les mots qui se bousculaient étaient volubiles à l’idée d’aller à l’encontre de l’avenir virginal que demeure une femme.
Ceux que je gardais pour toi étaient tantôt intrigants, parfois féeriques, dessinant des arabesques indéchiffrables en mon esprit exsangue devenu un front de mer.
Les cauchemars colonisent souvent nos rêves depuis toujours sur les sentiers escarpés de vies que nous n’avons pas choisies, mais que nous devons vivre.
À ma manière je m’essaye aux rêves heureux qui me rejettent sans cesse de me trouver sans relief, moi qui ne suis que mille morceaux recollés.
Et si d’aventure il m’arrive d’abandonner ceux-ci, c’est plus dans le souci de tenir à eux, même dans la corbeille des souvenirs plutôt que par eux être détesté.
Dans les confins obscurs, les brumes assassinées du passé j’ai souvent fait mal, brisé des amours qui comptaient, me suis éloigné, malgré une âme diaphane juste désireuse d’aimer.
Les ans ont abrasé ma violence, j’ai appris à partir lorsqu’on me le demandait, sitôt que je me sens devenir l’aquilon que l’on redoute, duquel on cherche à se protéger.
Je ne veux plus abîmer non plus que haïr juste être un enfant insouciant qui peut être ne sera jamais compris, constamment à la limite de la rupture, aux bords des vapeurs grisâtres de sa solitude.
Je suis entouré et si triste en dedans, riche et mendiant à la fois, poète errant et démon oppressant, moi et un autre qui s’invite.
Je ne sais pas aimer d’être ce rocher humide en mer sur lequel on glisse de ne pas s’y attendre, le mot qui dérange quand il sort de sa bouche, celui qui occupe tellement l’espace qu’il dérange.
Enfant je rêvais de disparaître pour n’être plus un boulet pour mes parents, pour ne pas croiser le regard de filles auxquelles je n’adresserai jamais la parole, comme si j’étais infiniment de trop quelque part.
J’ai une lueur morbide toujours à l’affût, des pleurs d’enfant qui font parfois écho au présent comme quand petit je subissais les foudres maternelles.
Mais toujours en moi il y a de l’amour et une armée de mots gentils qui ne demandent qu’à s’aventurer dans l’indicible froideur du monde extérieur pour ne pas mourir.
A celle que je n’ai pas su aimer.
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