UNE MULTITUDE DE DEUILS.....
La vie à présent est devenue quelque chose qui effraie et qui blesse, des contraintes qui rythment notre univers ou il nous faut constamment nous sacrifier pour quelqu'un, ce qui n'est pas une bonne chose et ne permet pas de tenir la distance.
Nous nous confrontons sans cesse à des situations que nous subissons, dans lesquelles la peur, la douleur, la peine et la colère disposent de nous, et malgré cela nous avons l'obligation de faire bonne ou belle figure.
Lorsque nous devons tout enterrer et serrer les dents, nous distancer un maximum de la réalité tout en demeurant reliés à l'odeur irrespirable de l’hôpital, à la surdité professionnelle des soignants, nous ne pouvons être que perpétuellement en colère.
Quand un vieillard en pantoufles vous oblige à ne plus vous poser de questions, quant à comment vous allez vous-mêmes, que celui est un père qui ne ressemble plus à votre père de vous confronter à la souffrance et à la mort, votre vie devient un silence chargé d'angoisse.
Un sentiment d'injustice et une forme de culpabilité s'emparent de vous, vous empêchent d'être rationnels et de juguler vos accès de colère quant au fait d'être souvent dans le brouillard et aussi de s'obliger à entendre des platitudes toute la journée.
La vie n'est pas si sombre et si déprimante, elle se poursuit jour après jour malgré que le lieu de relation affective soit bouleversé, au point de menacer tous les liens d'attachements qui constituent une famille plongée dans une angoisse permanente.
La maladie s'avère une multitude de deuils, mille questions qui nous assaillent et nous poussent à en vouloir à l'autre de nous entraîner dans sa vie, accompagner ses colères qui le font se sentir encore puissant, vivre nos vies dans la projection de ne rien savoir de ce que sera demain.
Alors que nous sommes touchés autant ou plus que l'être cher, nous demandant s'il est possible d'en faire plus, ou de rester avec lui plus souvent, si tous ces traitements ont des raisons d'être, nous sommes aussi en colère contre nous mêmes.
Il est triste de constater que redécouvrir ensemble l'essentiel, se révéler et s'apprendre l'un l'autre ne nous sont même pas permis de toute cette colère, tristesse, frustration,et désespoir qui prennent le dessus au quotidien, nous rendant parfois si agressifs...
Nous éprouvons alors tous autant que nous sommes une forme de dégoût quant à nos soudaines vulnérabilités, ce vieillard autoritaire devenant une source de stress important, alors que nous sommes encore plus en détresse que lui.
Nous le repensons dans sa dignité de personne humaine qui n'a pas de prix , dans cette perte d’autotomie qui altère ses fonctions et fait de l'homme, autrefois si autoritaire un être de peu tout entier livré à ceux dont la mémoire se conjugue au passé.
Nous devrions plus souvent nous rappeler la phrase de feu ANTOINE de SAINT- EXUPERY ....
"Aimer ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction..."
A MON AMIE avec mon plein de tendresse.
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