J'AIMERAIS



J'aimerais être le vent pour dans un souffle t'emporter loin des miasmes de ce monde, ou les illusions semblent difficiles à concevoir tant l'horizon se fige dans de sombres incertitudes.

Te porter vers un ailleurs que je t'inventerai afin que tu retrouves les sourires bruyants d'une enfance que même si elle semble lointaine reste gravée tout au fond de ton regard.

Prendre ta main et ne plus la lâcher, faire danser ce corps gracile qui réclame encore de vivre afin de lui faire oublier une quiétude qui semble ne plus appartenir au genre humain.

Te faire déposer le fardeau de l'absurdité de ce monde ou tout semble définitivement de travers, des turpitudes d'un destin qui semble se délecter de ce qui rend ton cœur aussi lourd.

J'aimerais effleurer tes pensées, les rendre plus légères et ainsi t'offrir aux amours de ta vie, afin que tu soies toi, juste tes passions et les rêveries qui s'égarent encore dans ton esprit.

Te porter avec des mots en ces monts et vallées que sont les rimes et les vers que tu affectionnes tels des compagnons de route au détour de ces jours devenus un bien simple quotidien.

Prendre ton cœur à bras le corps, l'étouffer sur le mien comme si en ne faisant qu'un ils allaient bien mieux recouvrer ces libertés parties une à une, sans que nous nous en apercevions.




Te faire rire à en effrayer les silences d’une vie, éloigner les angoisses quant à ce qui vient, te fermer à la crainte d'une vieillesse trop tôt sur les rangs pour rajouter au désarroi présent.

J'aimerais te dire que je suis toi dans quelque instant qui te vient, endolori par un esprit qui ne lâche rien, tellement enclin à me découvrir ce qui ne se voit pas sans que je n'y puisse grand chose. 

Parfois je suis triste sans raison d'une veille ou pourtant j'ai si bien vécu lorsque la solitude qui ne me quitte jamais, insidieusement réapparaît pour me rappeler ce qui est loin d'être parfait.

J'ai ce vieux qui m'habite auquel j'en veux car je n'ai pas eu le loisir d'une jeunesse que tant de faits ont abîmée, qui semble un lointain chargé des meurtrissures laissées par ceux-ci.

J'aimerais te dire que je suis bien mais je ne le puis, car se serait te mentir effrontément, tenter en vain de dissimuler le vacarme en moi que tout le monde semble voir et surtout entendre.

Je n'ai que ce courage qui m'a permit de continuer sur ce chemin de vie, car tant d'autres étaient là et avaient besoin de moi pour aller vers le leur, ce courage auquel il m'arrive d'en vouloir quand je suis seul.

J'aimerais être là à ton réveil, embrasser délicatement tes yeux fermés afin de les faire s'ouvrir sur un radieux que toi et moi savons depuis longtemps nous inventer pour faire semblant.

Etre la brise légère qui caresserait une blondeur que le sommeil a terrassé, appeler à la vie ce corps qu'un rien pousse à vivre et qui semble trop souvent à peine être le tien.

Mais je ne suis que moi  habillé de la verve tranquille que tu connais si bien, qui distrait les maux de tout un chacun même si elle ne fait que reculer les siens derrière une poésie qu'il se doit d'offrir.























Commentaires

Hakyma a dit…
Un amour d'une telle beauté mérite d'être raconté... Partagé

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