LE CHAOS AMOUREUX....


 Certaines femmes marquées par la déception et le désarroi préfèrent aller sur des sentiers battus, rester avec un amoureux familier pour garder le contrôle, comme si reculer leurs désirs leur évitait de souffrir, déshumanisant ainsi leurs sentiments.

Dans un monde ou nous sommes moins pudiques, la quête de l'inaccessible semble de mise, nous voudrions toujours vivre dans la passion et les sensations fortes quitte à nous heurter à une répétition d'échecs et voir émerger quelque chose en nous.

En ne se donnant pas la possibilité de vivre une relation non exclusive, en n'acceptant aucunement l'altérité, en occultant le fait que la possessivité, le droit sur l'autre est un schéma inculqué par la société, elles se privent de plaisirs égoïstes et assumés que permet une galaxie amoureuse.

Elles restent figées devant des vies qui se sont affadies au fil du temps, dans des amours plus fraternels que charnels en refoulant leurs désirs de femmes, alors qu'il leur faudrait sortir de la case formatée par la société, tellement chacun à le droit à son moment.

Tout en n'ignorant pas que les désirs et les fantasmes sont enfermant pour soi et pour l'autre, elles préfèrent l'amoureux à la personnalité familière à son exact contraire, reculer de peur d'avoir à en souffrir, maîtriser pour ne pas être dévastées.

Ce décalage entre l'idéal et la réalité de la vie amoureuse n'est dû en fait qu'à l’angoisse de s'exposer et de montrer leurs faiblesses, qui les fait surinvestir la fidélité au point de ne pas s'autoriser la moindre incartade virtuelle, ou discussion érotique qui boosterait leur ego.

Pour ne pas passer pour quelqu'un de désespérée ou pire de fragile, ne jamais dire sa vulnérabilité, celle-ci ne s'autorise aucune liberté nouvelle, ni histoire d'amour chaotique, pour balayer les doutes et toute sensation d'insécurité qui en découlerait.

Se pensant continuellement en termes d'options, elles sont exigeantes mais si souvent désemparées devant un spleen amoureux qui se transforme à leur insu en silence agressif, tant la succession de paradoxes les rend fragiles comme de la porcelaine.

Elles se mettent trop de pression pour pouvoir être heureuses, l'idéal qui est le leur se faisant trop important à banaliser et restant une expression qui relève de l'intime, l'imaginaire amoureux leur interdit même des mots si simples comme je t'aime qui semblent des aveux compliqués.

Telle une peur que le temps n'apaise pas, un aveu de soumission difficile à accepter, qui leur font oublier que ce qui n'est pas dit soulève des doutes, tout en attendant beaucoup de l'amour, elles se contentent de le regarder passer avec une légèreté insoutenable.

Nombre de femmes en pensant qu'en disant je t'aime on donne du pouvoir à l'autre, n'oublient pas pour autant qu'il convient d'être heureux même si elles demeurent prisonnières d'un imaginaire qui provoque la répétition et nourrit leur culpabilité.

Il existe bien des formes d'amour dont la compassion, l'empathie et la bienveillance qui demeurent des sentiments amoureux qu'elles se refusent, car ils sont des sentiers propices à des débordements qui les priveraient d'un confort sécurisant et tellement familier.

Les regrets les plus amers seront toujours ceux de ces choses que nous n'avons pas osées, par frilosité, convenance personnelle ou bienséance, le diktat de la société se rajoutant aux peurs que nous n'avons jamais réellement dépassées.

 Elles nous retiennent ancrés là ou nous ne nous aimons que si peu, même en refusant de l'admettre, quitte à parfois pleurer dans le silence de nos cœurs, conscients que la vie passe et emporte la part de nous en devenir, qui ne verra jamais le jour par manque d'audace.
















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