OUVRIR LA PORTE A LA PEUR....


 Hier au soir j'ai comme tout un chacun écouté ce que notre président a eu à nous dire, nous pressentions tous cette allocution forcée par une situation qui semble échapper à tout contrôle, du jamais vu...

La rationalité moderne recèle dans son essence un penchant paranoïaque tellement la quantité de risques dont il faut se prémunir augmente sans cesse, allant même tenter de prévenir le risque de mort.

Nous assistons à un effondrement du système qui les fait resurgir tous en même temps, de la pollution aux épidémies, coincé entre le marteau et l'enclume, l'essentiel des ressources étant consacré à la protection.

Mais il arrive un seuil ou la peur n'est plus compatible avec la vie, en effet à force de vouloir se protéger de tout, le surcoût pour la collectivité devient brutal, même si un risque inconnu peut s'avérer potentiellement catastrophique.

Le principe de précaution de la culture juridique européenne, une législation tentaculaire, une hiérarchie sévère et une avocature de plus en plus aguerrie vont transformer un risque sanitaire en un court circuit économiquement peu supportable.

Avant que le Coronavirus occupe l'espace médiatique, nous nous trouvions déjà en terre inconnue, les manifestations revendicatives quant au pouvoir d'achat, la réforme des retraites et celles des hôpitaux à présent adulés n'ayant pas disparues comme par enchantement.

Il est probable qu'il faut conjurer la certitude d'une catastrophe plus grande, encore faudrait il réellement la cerner, en ne perdant pas de vue que cette pandémie touche davantage les segments de populations les plus fragiles, qui ont un faible accès aux soins.

Que nos hôpitaux deviendront des vecteurs de risques et que surtout mis en état de crise, l'oubli des catégories à risques qui d'habitude constituent le gros du peloton sera dramatique à court terme.

Stigmatiser la population par une rationalité précautionnelle perverse et récurrente ne peut que provoquer un vent de panique, teinté de racismes et de préjugés anti asiatiques, accentuer la fracture entre ceux qui ont accès aux soins et les autres.

Nous seront amenés à constater que ceux qui ont de l'argent survivent, tandis que ceux qui n'en n'ont pas souffrent et meurent tant les pénuries en tout genres sont palpables pour espérer se prémunir de toute contagion, encore que !
                                  
L'incomplétude de la société, l'empire du moins mal comme disent certains populistes devient aveuglante dans ces périodes de crise, le contraste entre le monde vénéré et celui vécu se creusant davantage dans le même sens.

Aucun système ne peut garantir les promesses qu'il a faites pour accéder au pouvoir, une nouvelle humanité que celle des tenants de l'ancien monde est à définir, il faudra un minimum de folie pour inventer l'avenir.

La légitimité des temps modernes est remise en question partout dans le monde, mais la question n'est pas de savoir qui a raison et qui a tort, plutôt que va -t-on faire car pour pouvoir bâtir un autre sanctuaire "il faut qu'un sanctuaire soit détruit."

Nous nous trouvons en face d'un système qui plafonne, ou le sentiment de lassitude gagne quant à un système qui s'exerce sous une modalité coloniale, un système érodé dont le poids dépasse la taille, qui est perçu comme parasitaire.

L'occident a ses dé colonisateurs, ils remettent en cause les fondements d'une civilisation moderne, un universalisme qui inclut tant des formes de dominations, ce sont les populistes considérés à tort ou à raison comme des révolutionnaires.

D'apparence irrationnelle, la critique radicale des populismes pose la question d'une rationalité à un autre niveau, ils invitent à un monde renversé sans pour autant être les ennemis du bon, du beau et du vrai, ils sont les terroristes qui conduisent la révolte contre l’épistémè des riches.

Le capitalisme tardif est entré en crise, provoquant une masse de frustrations chez les exclus de plus en plus nombreux quant à l'escalade de gaspillages qui financent des compétions internes, la servitude est certes toujours volontaire avant de devenir cruellement inégale.

L'histoire nous demande aujourd'hui un gigantesque sacrifice, il s'agira pour nous de choisir le moins dévastateur des populismes à moins d'effroyables souffrances, même si pour citer un mot de Churchill "être le moins pire parfois ne suffit pas."

Hier au soir j'ai constaté la profusion de moyens mis à la disposition de tous les secteurs quels qu'ils soient, en me demandant pourquoi cette crise plus que toutes les autres passées et à venir à fait peur au système, avant de comprendre qu'il tentait de "se protéger."

Le pays censé dans l'imaginaire collectif assurer la survie du monde face à un danger imminent, les U.S.A ont fermé leurs frontières ce matin, preuve s'il en est que la prospérité et la misère sont des sœurs et que nous assistons à l'effondrement des états.























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